Florence Giroud
née en 1981 * vit et travaille à Lyon
Mon travail consiste à mettre en espace des productions d'images (peintures, dessins, sérigraphies) et de volumes (sculptures à base de matériaux de récupération) étroitement liés dans une relation de projection/réflexion créée par les signes (physiques et mentaux) qu'elles contiennent.
Comme mes images, mes sculptures sont construites dans l'idée de moules potentiels . Elles tendent vers un vide; j'entends par vide le fait qu'elles constituent, implicitement, des fragments, renvoyant donc à des ellipses. Elles fonctionnent comme des restes, laissant des traces derrière elles . Je questionne la tentation fragmentaire dans sa relation au tout, son opposition a un système, les notions de restes, de débris et de ruines qu'elle contient fait naître une certaine mélancolie, que j'appelle aussi "romantisme de rupture", qui est une des causes de l'inachèvement et de l'absence d'unité. Je tente de construire, en puisant dans les représentations, les symboles, les signes de pouvoir de la culture de masse d'aujourd'hui ainsi que dans l'histoire de l'art comme quelque chose du passé qui aurait implosé ; un univers contenant l'image d'une fin, d'une perte, d'un désordre de quelque chose qui a été et ne sera plus ; qui est en devenir, en mutation, en manque car entre deux états, et qui refléterait la conscience de la simultanéité perpétuelle de phénomènes contradictoires.